Michel Sarazin

Du Noble Art... Aux Arts Martiaux !

Par Michel Sarazin

 

"Si le Gant d’Or à été crée en 1942, la section judo, elle, est née en 1955. C'est en effet cette année là, qu’André LECLERC ceinture noire de judo et Franco BRONDANI, Directeur Technique du Gant d’Or, décidèrent que la salle de la rue Gambetta serait, deux soirs par semaine, partagée entre boxeurs et judokas. Jusqu’ alors la glorieuse histoire du club avait été écrite par ses boxeurs ; vouloir implanter un sport nouveau en Europe et un peu mystérieux dans une salle aussi réputée et imprégnée de tradition pugilistique était un pari audacieux.

Les jeunes futurs judokas étaient accueillis par le Professeur.

Il prononçait quelques mots qui, pour l’époque, étaient inhabituels voire inconnus, mais qui gardent encore toute leur valeur aujourd’hui : Art Martial - Tradition - Respect - Salut - Tenue - Attitude - Dojo - Tatami - Randori - Maître... et nous revêtions pour la première fois le kimono... Impressionnant ! La dizaine de débutants de la première année étaient tous... ceinture blanche, nous devions sous les regards amusés voire goguenards des boxeurs monter et démonter près du ring le tapis, c’était la corvée obligatoire !!! Puis venait l’échauffement, les chutes, les premiers mouvements un peu maladroits... Enfin nous faisions la découverte et l’apprentissage de notre sport.

La veille des grands combats de boxe de la salle Wagram, nous étions fascinés par le travail de forçat des boxeurs à l’entraînement et admiratifs devant la maîtrise de Dante BlNl et le courage de ses sparring-partner. La voix des prévôts et le choc des gants de cuir sur les casques couvraient les glissements feutrés des judokas.

André LECLERC devait déployer tous ses talents pour nous garder attentifs à sa leçon. Dès 1957 nous étions une trentaine et les ceintures avaient, pour certains, pris des couleurs sympathiques... bleu, vert, orange...

Chaque fin de mois, René AUDRAN dont André LECLERC était l’élève, venait nous faire passer nos examens et supervisait nos progrès techniques. Puis vint le temps des interclubs, nous recevions Sartrouville, Mantes, les cheminots de la Garenne, Le Pecq. Les compétitions devenaient plus relevées et des judokas réputés d’autres clubs comme Henri MOTHRE, Claude LEVET, André BOURREAU (futur quadruple Champion d’Europe) venaient rejoindre les Armand BOURREAU frère du précédent et futur international, Bernard GUENAND, René et Marcel GODET, HERBERT, Pierrot CRASTES et autres TISON, JASON, MICHAUD, GUYARD, MOUCHY, CARVILLE, GUICHET et Claudie JOUYAUX.

Le prévôt arrêtait quelquefois l’entraînement de ses boxeurs et tous nous encourageaient pendant les combats décisifs. Sur le tableau d’honneur, sous la maxime « Sois fort pour être utile » s’inscrivaient nos noms et nos succès à côté des noms et des victoires prestigieuses des champions de France et d’Europe de boxe. C’étaient devenus nos amis, ils nous reconnaissaient comme des combattants du même club... Quelle fierté ! Nous étions de plus en plus sollicités pour participer aux fêtes sportives de la ville et la jeune réputation du club attirait de nombreux curieux. C’était un peu folklorique, imaginez les compétitions sur le kiosque du jardin public ou sur la scène de la salle des fêtes !!!

Qu’importe, nos succès faisaient découvrir notre sport, les journaux parlaient de nous et nos effectifs se renforçaient.

ENGUEHARD, JC BRONDANI, JP FOURTICQ, JP BAYARD, KURANTY, DOUBLET, Roselyne MICHAUD et beaucoup d’autres vinrent nous rejoindre. Le Gant d’Or devint un des clubs de judo de référence dans la région. J’eus la chance d’être le premier à obtenir le grade tant convoité de ceinture noire, en compétition au stade Pierre de Coubertin.

Le retour à Houilles fut l’occasion d’une belle fête et je reçus un superbe trophée.


Franco BRONDANI était aussi heureux que pour une victoire d’un de ses poulains. Puis arrivèrent début des années soixante, une nouvelle génération de jeunes judokas ; Philippe TEMPLIER, Chantal et Gérard VAN ZANDT, Jacques DESOLLE qui allaient constituer le noyau des futurs dirigeants.

André LECLERC et René AUDRAN avaient réussi leur pari.

Depuis, le Gant d’Or a formé une centaine de ceintures noires, des moniteurs, des professeurs, a éduqué des milliers de jeunes Ovillois, suscité quelques vocations de dirigeants et s’est bâti au fil des ans un superbe palmarès. Il a bien oeuvré pour le sport et la jeunesse de Houilles. Moi, comme beaucoup d’autres, je m’y suis forgé le caractère et surtout, j’y ai gagné... mes meilleurs amis".

Michel SARAZIN

Ancien Vice-Président

Membre d’honneur du Gant d’Or